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Joanna Palani, Danoise d’origine Kurde risque la prison après avoir tué 100 militants de Daesh


En novembre 2014, Joanna Palani a laissé tomber ses études en sciences politiques et en philosophie à l’Université de Copenhague, au Danemark, pour combattre Daesh en Syrie aux côtés des troupes Kurdes. Aujourd’hui est jugée pour avoir enfreint son interdiction de quitter le territoire danois.

Elle fait partie de ces jeunes Européens qui ont rejoint l’Irak et la Syrie. Mais son histoire n’a rien à voir avec les parcours de radicalisés venus grossir les rangs de l’organisation Etat islamique (EI). Joanna Palani, une Danoise de 23 ans d’origine iranienne, a rejoint pendant plusieurs mois le camp des combattants kurdes en guerre contre le groupe terroriste, avant de revenir au Danemark.

Mais à la façon des djihadistes de l’EI rentrés dans leurs pays, Joanna Palani risque aujourd’hui une peine de prison pour avoir enfreint son interdiction de quitter le territoire danois, selon le Guardian, une information confirmée auprès de L’Express par son avocat. La jeune femme a même été placée en détention provisoire le 7 décembre.

Joanna Palani

Joanna Palani travelled to Iraq and Syria to fight ISIS on the frontline (Photo: Instagram)

En 2014, elle lâche ses études de philosophie pour combattre Daech et Bachar Al-Assad en Syrie au côté des Unités de protection du peuple (le YPG, branche armée du Parti de l’union démocratique, lui-même considéré comme la branche syrienne du PKK). Elle combat également en Irak dans les rangs des peshmergas du Kurdistan irakien, comme elle l’a raconté à Vice en juin dernier. Deux groupes qui ont reçu le soutien de la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, et dont le Danemark fait partie.

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Crédit sur l’image @Sarah Buthmann

La jeune femme participe notamment à la mission d’un bataillon pour libérer des jeunes filles retenues comme esclaves sexuelles par l’EI, près de Mossoul. A l’époque de l’interview de Vice, elle se marre – “Les combattants de l’EI sont très faciles à tuer” – mais raconte aussi avoir vu un camarade suédois mourir au combat juste à côté d’elle.

  • Acte de bravoure ou de trahison ? 

En s’engageant aux cotés de l’unité de protection du peuple kurde (YPG), ses principales motivations étaient de libérer les femmes servant d’esclaves et d’otages sexuels aux prises de l’EI, mais surtout de protéger l’Europe simplement armée de son sniper d’origine russe !

Arrivée chez elle, sa seule récompense a été une interdiction de quitter le territoire danois afin qu’elle ne puisse plus retourner au front. Décision qu’elle ne respectera pas, car en juin 2016 elle part de nouveau en Syrie en passant par le Qatar.

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Crédit: Asger Ladefoged

En 2015, profitant d’une permission, la jeune femme, née de parents kurdes iraniens qui ont fui la Guerre du Golfe, est rentrée au Danemark pour visiter sa famille. Cependant, en revenant dans son pays, Joanna a écopé d’une interdiction de quitter le territoire.

 Elle risque désormais deux ans de prison. Le 23 décembre passé, elle a déjà passé trois semaines en prison, avant d’être libérée par la justice danoise.

“Je suis vue comme une terroriste dans mon propre pays. J’ai tout perdu. Je suis désolée d’avoir enfreint les lois mais je n’avais pas le choix. Je ne veux pas que l’EI traitre les Européens comme ils l’ont fait avec le Kurdes. Je vis dans l’un des meilleurs pays dans le monde mais je ne fais plus confiance à personne. C’est très difficile pour moi. Il y a beaucoup de gens qui sont contre moi à Copenhague, certains qui appartiennent à Daesh. Et c’est difficile pour moi de trouver un emploi, puisque les services de renseignement ont appelé les employeurs pour les prévenir que je représente une menace pour la sécurité nationale”, conclut Joana Palani.

En effet, le Danemark interdit à ses citoyens d’aller combattre en Syrie. Une décision qu’elle n’a pas respectée, puisqu’en juin 2016 la jeune femme est repartie. Elle risque désormais une condamnation, après avoir admis s’être rendue à Doha, au Qatar.

  • Prison et menaces de mort

Aujourd’hui, Joana Palani a peur. Ainsi, en décembre dernier, la justice lui a retiré son passeport. Placée en prison préventive, et relâchée fin décembre, la jeune femme y a appris que Daesh réclamait sa tête. En effet, en plus d’être poursuivie par le gouvernement danois, Daesh chercherait à capturer la jeune femme, et la menace fréquemment de mort.

 De retour au Danemark, elle craint des représailles de la part des terroristes de l’EI qui demandent sa tête pour 1 million de dollars.  Elle vit constamment dans l’angoisse.. Elle craint des représailles de la part de l’État Islamique. Elle a par ailleurs déclaré au Daily Mail :

Daesh veut me capturer pour me transformer en esclave sexuelle.

Lors de sa première nuit au front, Joana Palani se souvient que son camarade suédois avait été abattu par un sniper de l’État Islamique qui avait repéré la fumée de sa cigarette. En Syrie, la jeune femme, d’origine kurde, a également suivi une formation pour devenir sniper. “Je suis un sniper. J’aime utiliser mon cerveau et mon corps lors d’une mission. Vous devez être très patiente, très calme. Il faut pouvoir se concentrer”, ajoute Joana Palani.

  • Qui sont les Kurdes Syriens de (PUD) YPG?

Les Unités de protection du peuple forment la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD), le groupe à majorité kurde qui domine actuellement une partie du nord de la Syrie, le Kurdistan syrien connu sous le nom de Rojava.

Sources: l’Express, the Guardian, Vice, Daily Mail UK.

 

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Danish woman who fought against ISIS faces jail while the terrorist group put $1 million reward on her head.


Joanna Palani fought with Kurdish peshmerga and YPG in Syria but is now in custody in Copenhagen.

Joanna Palani
Joanna Palani has been outspoken in her support for the Kurdish groups with whom she has fought. Photograph: Facebook

Her lawyer, Erbil Kaya, noted the irony of seeking to prosecute someone who fought on the same side as Danish troops and other coalition forces while the government seeks to rehabilitate returning Isis fighters.

“It’s a shame. We are the first country in the world to punish a person who has been fighting on the same side as the international coalition. It’s hypocritical to punish her. Why don’t we punish the people who fight for Isis instead of people who are fighting on the same side as Denmark? … I don’t think it makes sense,” Kaya said.

Palani is the first foreign fighter to be jailed under new passport laws and is currently being held in Denmark’s largest prison, Vestre Fængsel in Copenhagen.

The judge agreed to a prosecution request for more time to prepare their case, Kaya said. Time spent in pre-trial detention will be taken off her final sentence, which could be as long as two years, according to Kaya, who is forbidden from reporting the details of the case.

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Image credits: @Sarah Buthmann

Returning Isis fighters have benefited from the so-called Aarhus model of reintegration and deradicalisation instead of custodial sentences. Under the Aarhus model, returning fighters are assigned mentors, psychological counselling and are helped to apply for jobs or to resume education.

Now Joanna, who arrived in Denmark aged three with her family as refugees from Iraq, faces up two years behind bars for breaching the travel ban, intended to stop Danes from joining terror groups in the Middle East.

The passport laws Palani is accused of breaching are part of a number of measures taken by Denmark to attempt to stem the flow of fighters to the Middle East. The country is second only to Belgium in the number of jihadi fighters per head of population in Europe. The law aims to prevent individuals travelling when a journey may involve issues such as national security or “a substantial threat to public order”.

Forced to move from location to location every three days, she says she is struggling financially and lacking all home comforts. 

‘I am freezing cold every night and I go to bed hungry.

‘The Danish government is trying to set an example of me in court so they can say publicly that I am just the same as ISIS, but I am not a criminal.

‘I would take ten years in jail with pride to save people but I wouldn’t accept one day in jail for being a danger to Denmark. I don’t understand why they [the Danish intelligence service] would view me as a threat when I was fighting for Europe and for females everywhere.’ (DailyMail).

But while she was in jail she learned of a threat from another angle. Joanna was told that ISIS had now put a $1 million-bounty on her head.

Looking tired but defiant, Joanna says: ‘ISIS want to kill me, and capture me to convert me into a radical Islamist or turn me into a sex slave. “

Image credits: Asger Ladefoged

  • Who are the Kurdish Fighters of YPG?

Palani has described fighting with special forces operatives inside Syria. Both the Iraqi Kurdish peshmerga and the Syrian YPJ, the women’s battalion of the YPG that Palani is most associated with, are being supported by international coalition forces, including Danish forces.

The YPG, a dominant partner in the Syrian Democratic Forces (SDF) currently leading the push towards Raqqa are, however, considered a terrorist group by Turkey. Both the the YPG and the YPJ are linked to the Kurdistan Workers’ Party (PKK), which is officially designated as a terrorist organisation in Europe and the US.

The YPJ played a central role in the battle for Kobani, and Palani recalled the two weeks she spent there at the very start of the Isis offensive in 2014 as “the longest of my life”. She described enduring starvation-like conditions as the city was besieged by Isis fighters and supplies were cut, and said she lost “many friends” before being sent away from the front due to injury.

Speaking on her way to her detention she said she would try to plead her case on behalf of those who died fighting Isis. “The YPJ are not terrorists – we are fighting terrorists. To say we are not part of the coalition fighting against Isis is an insult to every YPJ woman who died in Kobani doing exactly that.”

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